Christophe-Bicolas Biot

Son métier, Christophe-Nicolas Biot ne le voit pas avec les yeux d’un coiffeur, mais avec ceux d’un artiste, qui rejette le conservatisme et prône la différence. Avec toujours cette belle folie… Ce soir du 20 septembre à Mulhouse, ce n’était pas le dernier “Récital” de Christophe- Nicolas Biot, mais incontestablement le plus émouvant. De retour en terre natale, l’enfant du pays qui installe sa deuxième Maison de Coiffure, à l’étage de la Maison Guillaume Tell, au cœur de la ville, précisément là où vingt ans plus tôt il vivait ses premières années coiffure, a le cœur qui tremble. En écho, les paroles, jamais oubliées, de son regretté meilleur ami : “Toi, tu ne seras accompli que quand tu seras une star connue par notre métier.” Pourtant l’homme, qu’aujourd’hui l’on brûle ou idolâtre, n’a jamais eu cette ambition. Mais convaincu que l’on amène toujours avec soi une part de son enfance, il se souvient. “Nous étions apprentis dans le salon le plus huppé de la ville. C’est à cette époque que mon ami m’a fait découvrir « les boîtes à garçons ». Un monde nouveau, créatif et festif. Chacun y avait son style, son identité. Tous les samedis soir, nous avions hâte de créer notre propre look, à chaque fois différent, et la nuit venue de s’engouffrer dans l’arène pour faire le show.” Ce que Christophe-Nicolas Biot découvrait, gamin, dans une boîte de nuit à Mulhouse, il le fait désormais dans les scènes du monde entier avec la même envie de créativité et de changement. “Avec le recul, poursuit l’adorable trublion, aucun de mes shows ne se ressemble, je ne suis jamais habillé de la même façon. N’est-ce pas ennuyeux pour le regard, tous ces coiffeurs au même style boudiné ?” Et c’est un fait. Quand on vient le voir sur scène, le public n’est pas là pour découvrir un show, mais bel et bien pour voir du Christophe-Nicolas Biot. Il a su créer son nom, sa signature. Sur les planches, il raconte une histoire, souvent sa vie, avec un souci aigu du détail à tous les niveaux (musique, stylisme, maquillage, mannequinat…) et toujours à travers la matière la plus chère à ses yeux, le cheveu. “Ce n’est pas un hasard si je représente Wella Professionals en France et partout dans le monde. Cette marque exprime le soin à l’extrême. Sur scène, on voit du cheveu qui brille, qui bouge, du cheveu qui vit !” Car cet artiste militant, qui a gardé en mémoire la phrase déclic “ne pas faire ce que les autres font mieux”, revendique plus que jamais la différence. Et s’insurge contre la banalisation, “cette négation du style, de la particularité”et le “fléau de la tendance”. “L’artiste doit rester lui-même, ne pas lui demander de se calmer car cela tuerait sa fibre artistique. Mais il faut qu’il garde les pieds sur terre, qu’il prenne conscience de ce qu’il l’entoure, tout en préservant sa folie pour partir dans son univers, poursuit ce passionné, fatigué du politiquement correct… Moi j’ai besoin d’équilibre. J’aime la transgression quand elle est mature, les suggestions borderline si le respect est présent. Quand je fais de l’image sur scène ou sur papier glacé, je n’oublie pas que les yeux de l’autre peuvent percevoir autrement. J’ai cette conscience, je me protège.” Et le conservatisme à la française, Christophe-Nicolas Biot n’a pas fini de s’en défendre, et ne souhaite surtout pas porter d’étiquette, encore moins se laisser enfermer dans une case. “Pourquoi doit-on être seulement coiffeur studio, ou businessman, ou formateur, pourquoi une légitimité en empêcherait une autre ?” De toute évidence, l’artiste sait de quoi il parle, lui qui ne cesse de créer de nouveaux concepts (Maison de Coiffure Christophe-Nicolas Biot, Bar à Chignon Minute, Bar des Coloristes, L’Appartement Christophe Nicolas-Biot) et de nouvelles lignes (Bio par Biot, ligne d’accessoires, de bijoux de cheveux et de produits coiffants, gamme de coloration botanique). Conscient que pour avancer, il ne suffit pas de regarder le travail des autres, cet éternel amoureux encouragera toujours la singularité. Et au risque de se faire passer pour un “vieux grincheux”, n’hésite pas à secouer la nouvelle génération avec son franc-parler : “Vous ne savez même pas qui est Léonard de Vinci, ni même Simone Veil. Cultivez-vous, nourrissez-vous ! Sortez-moi cette tête du cheveu !” Son futur ? Aucun plan de carrière, mais, en permanence, des projets successifs. “J’ai beaucoup de mal à vivre l’instant présent. Je vis demain, avoue le Dalida de la coiffure, qui, sans jamais oublier son passé, continue, avec panache et sincérité, sa vie d’artiste…”

1993 Ouverture de son premier salon en Alsace.

2000 Nommé directeur artistique général des quatre marques du groupe VOG.

2009 Devient Ambassadeur Artistique International Wella.

2010 Ouvre la Maison de Coiffure Chritsophe-Nicolas Biot, Paris Ve.

2011 Crée le Bar à Chignon Minute.

2012 Lance la ligne Bio by Biot.

2013 Crée le Bar des Coloristes.

2015 Lancement de l’Appartement Christophe-Nicolas Biot, rue Pierre Charron, Paris.

2016 Lancement de sa propre ligne de coloration botanique.

CORINE TONARELLI